Pourquoi pucer les poissons ?

La pose d’une puce électronique se réalise au moyen d’une seringue ou d’un pistolet et permet d’identifier les poissons

La pose d’une puce électronique se réalise au moyen d’une seringue ou d’un pistolet et permet d’identifier les poissons

26 Août 2021 - Alexandra - (mise à jour 21 mars 2026)

Il est bien connu que les chiens, les chats domestiques et les animaux d’élevage sont dotés de puces électroniques pour leur identification. Aujourd’hui, certains poissons disposent eux aussi d’un tel implant. L’opération signe l’introduction de la technologie RFIDdans le secteur de la pêche et dans la gestion des plans d’eaux qu’ils soient privés ou publics. Mais quel est l’intérêt de pucer des poissons ?

Petit bonus de notre dernière mise à jour de l’article en 2026 pour illustrer concrètement la richesse des populations qui nous entourent, nous vous invitons à vous rendre en fin d'article pour découvrir notre Radar Piscicole, un outil d'analyse exclusif pour les amateurs de poissons et les gestionnaires de milieux aquatiques.

Faciliter la gestion des plans d’eau

La puce RFID vétérinaire est en réalité un transpondeur qui une fois alimenté par l’émission d’un champ magnétique est capable de transmettre des informations d’identification. Le dispositif se présente sous la forme d’un grain de riz constitué d’un matériau biocompatible. Le transpondeur dispose d’un code unique et est implanté sous la peau ou les écailles du poisson. La puce électronique utilisée pour le suivi dans le temps des animaux est lue au moyen d’un scanner vétérinaire.

Le micropuçage des animaux terrestres et aquatiques est une méthode d’identification moderne, permanente et peu onéreuse. Le coût du puçage d’un animal par un vétérinaire oscille entre 35 et 90 euros lorsque l’acte est pratiqué à l’unité (i.e. sans organisation d’une série d’implants durant une même visite de vétérinaire).

L’identification électronique des poissons est particulièrement employée pour les black-bass, brochets, carpes et esturgeons. En pisciculture, la technologie RFID permet de surveiller et maitriser l’évolution des poissons : leur état de santé, leur poids, leur âge et leur comportement. Mais il existe une autre motivation assez incroyable qui explique le recours au puçage électronique des poissons.

Lutter contre le vol et le recel de poissons

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, les carpes des étangs font l’objet d’un véritable trafic. Certains spécimens sont très recherchés par les propriétaires d’étangs privés qui organisent des concours de pêche en louant des emplacements à des pêcheurs attirés par la perspective de prises hors du commun. La valeur d’un spécimen de bonne taille peut atteindre plusieurs milliers d’euros sur le marché noir.

En 2019, un pêcheur de l’Oise a été condamné par le tribunal de Compiègne pour transport de carpes vivantes de plus de 60 cm, pêche avec un instrument prohibé et non-respect d'un arrêté préfectoral ordonnant la remise à l'eau immédiate du poisson capturé. Son butin : deux carpes de 77 et 79 cm. Le braconnier a été pris en flagrant délit par des agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

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Petite intermède "prises records" pour les amateurs de pêche, rappelons que le record de prise pour une carpe pêchée en France selon le site 1max2peche.com est un spécimen de 44 kg (pour environ 1,2 m, c’est pour le coup notre appréciation selon les photos du site). Même si la prise d’une carpe de 30 kg n’est plus un fait exceptionnel en raison notamment des techniques artificielles d’amorçage (appâts apportés en nombre sous forme de bouillettes pour attirer le poisson), une carpe de 79 cm doit pouvoir atteindre 30 à 35 kg.

Pour les plus curieux, la vignette de cet article (aussi reprise plus haut) présente le record mondial de prise pour une carpe : un spécimen de 105 kg pêché en Thaïlande par un anglais. Le pêcheur a dû lutter pendant 80 minutes pour ramener ce poisson …

Pour les mairies et associations de pêche, le vol de poissons met en péril l’équilibre économique de l’activité. En effet lorsque le coût du rempoissonnement explose pour compenser les vols, les ventes de cartes de pêches et les locations d’emplacement ne suffisent plus à couvrir les dépenses (voir cet article qui vous donne les enjeux économiques d’un rempoissonnement). Il faut donc agir. C’est ici qu’entre en jeu le puçage électronique des poissons.

Implanter une puce électronique dans un poisson au moyen d’une seringue ou d’un pistolet permet d’identifier le spécimen. Il est dès lors possible de connaitre au moyen d’un scanner RFID de type vétérinaire l’origine et le propriétaire du poisson.

Ainsi en cas de prises suspectes et lors de contrôles effectués par les garde-pêches ou l'Office national de la chasse et de la faune sauvage, il sera difficile de contester l’origine du poisson si celui-ci n’est pas sensé se trouver dans le plan d’eau où il a été pêché. L’opération de puçage est très rapide et peut s’effectuer en masse par un professionnel ou en toute autonomie après une formation.

Rappelons que le trafic de poissons ou de carpes en particulier est sanctionné par une amende pouvant aller jusqu'à 22 500 €.

Au-delà de la lutte contre le vol, les professionnels gestionnaires de cheptels, pisciculteur ou responsables de campagnes de repeuplement choisissent de pucer l’ensemble de leurs poissons de manière à suivre leur croissance et piloter leur activité.

Matériel de pose de micro puces

Matériel de pose de micro puces

Surveiller la croissance et le devenir des poissons

La technologie RFID permet la gestion des animaux d’élevages dans le secteur de la pêche. Par exemple dans les fermes aquacoles d’esturgeons, entre l'âge de 2 et 8 ans, selon les espèces, les mâles et les femelles peuvent être distingués par échographie. À partir de ce moment, les femelles sont pucées. Cette identification permettra à l’exploitant d’anticiper le développement de leurs œufs de manière à produire un caviar de haute qualité.

Dans une perspective cette fois-ci de repeuplement des cours d’eaux et afin de mesurer la performance des réintroductions, les individus relâchés sont marqués avec des puces électroniques internes et des marquages externes présentant numéro unique permettant leur identification lors de recaptures par les pêcheurs et les scientifiques. Certains poissons sont également dotés de balises externes enregistrant les paramètres environnementaux lors du déplacement des poissons.

Ces dispositifs de marquage électronique permettent notamment de mesurer les captures accidentelles et d’en évaluer l’impact sur les politiques de repeuplement. Ils s’inscrivent pleinement dans la logique de la méthode capture-marquage-recapture (CMR), utilisée par les scientifiques et naturalistes pour estimer la taille d’une population, la survie ou le comportement migratoire des espèces.

Démonstration de puçage électronique sur poisson

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